Les installations de chauffage, ventilation et climatisation représentent souvent 30 à 50% de la facture énergétique d’un bâtiment. Pourtant, la plupart fonctionnent en deçà de leur potentiel d’efficacité. Un audit énergétique ciblé permet d’identifier ces gisements d’économies et de les exploiter concrètement.
Pourquoi vos installations consomment-elles trop ?
Avant de parler de solutions, il est important de comprendre les raisons pour lesquelles les installations CVS consomment souvent plus que nécessaire.
Le surdimensionnement initial
Lors de la conception d’un bâtiment, les bureaux d’études appliquent des marges de sécurité pour garantir que les installations seront suffisantes dans tous les cas de figure. Résultat : les équipements sont souvent surdimensionnés de 20 à 40% par rapport aux besoins réels.
Un équipement surdimensionné fonctionne rarement à son point de rendement optimal. Il alterne entre des phases de marche trop courtes et des arrêts, ce qui augmente sa consommation et son usure.
L’évolution des usages
Un bâtiment vit et évolue. Les bureaux sont réaménagés, les effectifs changent, les horaires de travail se modifient. Mais les réglages des installations, eux, restent souvent figés dans leur configuration initiale.
Une installation conçue pour un fonctionnement de 8h à 18h du lundi au vendredi qui continue de fonctionner avec ces horaires alors que le bâtiment est désormais occupé de 7h à 20h avec du télétravail le vendredi gaspille de l’énergie.
La régulation obsolète ou mal paramétrée
La régulation est le cerveau de vos installations. Une régulation des années 1990 ne peut pas optimiser le fonctionnement comme une régulation moderne. Mais même une régulation récente mal paramétrée consommera plus que nécessaire.
Les paramètres les plus fréquemment mal réglés :
– Courbes de chauffe trop généreuses
– Consignes de température trop élevées ou trop basses
– Plages horaires inadaptées
– Absence de gestion des absences et week-ends
L’absence de récupération d’énergie
Dans une installation de ventilation, l’air extrait évacue des calories (en hiver) ou des frigories (en été) qui pourraient être récupérées pour préchauffer ou pré-refroidir l’air neuf. Sans récupérateur de chaleur, cette énergie est simplement perdue.
Ce qu’analyse un audit énergétique
Un audit énergétique des installations CVS examine méthodiquement chaque composant et son fonctionnement pour identifier les sources de gaspillage.
Analyse des consommations
La première étape consiste à analyser les consommations réelles sur plusieurs années (idéalement 3 ans) :
– Évolution globale de la consommation
– Répartition par usage (chauffage, ventilation, climatisation, ECS)
– Comparaison avec des bâtiments similaires (benchmarking)
– Identification des anomalies
Examen des équipements
Chaque équipement majeur est évalué :
– État et âge
– Rendement actuel vs rendement nominal
– Adéquation avec les besoins réels
– Potentiel d’amélioration ou de remplacement
Analyse de la régulation
La régulation fait l’objet d’une attention particulière :
– Cohérence des consignes
– Adéquation des plages horaires
– Optimisation des séquences de fonctionnement
– Possibilités d’amélioration sans investissement lourd
Identification des gisements d’économies
L’audit produit une liste priorisée des actions d’amélioration, chacune étant caractérisée par :
– Économie annuelle attendue (en kWh et en CHF)
– Coût de mise en œuvre
– Temps de retour sur investissement
– Facilité de mise en œuvre
Les gisements d’économies les plus fréquents
Notre expérience de 25 ans nous permet d’identifier les sources d’économies les plus courantes.
1. Optimisation de la régulation (économies : 5-15%)
C’est souvent le gisement le plus accessible car il nécessite peu ou pas d’investissement matériel.
Actions typiques :
– Ajustement des courbes de chauffe
– Programmation horaire fine
– Gestion des absences et jours fériés
– Consignes de température raisonnables
– Réduit de nuit et week-end
Exemple concret : Un bâtiment de bureaux dont le chauffage était maintenu à 21°C en permanence. En programmant une température réduite de 16°C la nuit et le week-end, les économies ont atteint 12% sans aucun inconfort pour les occupants.
2. Récupération de chaleur sur l’air extrait (économies : 15-30%)
L’installation d’un récupérateur de chaleur sur une centrale de ventilation permet de récupérer 60 à 80% de l’énergie de l’air extrait.
Conditions favorables :
– Ventilation fonctionnant de nombreuses heures
– Climat avec hivers froids
– Centrale existante permettant l’intégration
Exemple concret : Un atelier industriel ventilé 12h/jour. L’installation d’un récupérateur rotatif à haute efficacité (75%) a permis de réduire la consommation de chauffage de 28%.
3. Remplacement d’équipements vétustes (économies : 10-25%)
Les équipements de plus de 15-20 ans ont généralement des rendements inférieurs aux équipements actuels.
Équipements concernés :
– Chaudières anciennes (rendement 80-85% vs 95-98% actuels)
– Groupes froids (COP 2.5-3 vs 4-5 actuels)
– Ventilateurs à vitesse fixe (vs variateurs de fréquence)
Exemple concret : Remplacement d’une chaudière atmosphérique de 1995 par une chaudière à condensation. Gain de rendement : 15 points, soit environ 15% d’économie sur le combustible.
4. Installation de variateurs de fréquence (économies : 20-40% sur le poste ventilation)
Les ventilateurs et pompes fonctionnant à vitesse fixe consomment leur puissance nominale même quand le besoin est moindre. Un variateur de fréquence adapte la vitesse au besoin réel.
La règle des lois d’affinité : Réduire la vitesse d’un ventilateur de 20% réduit sa consommation de 50%. C’est un levier extrêmement puissant.
Exemple concret : Installation de variateurs sur les ventilateurs d’une centrale de traitement d’air. Économie : 35% sur la consommation électrique des ventilateurs, ROI en 2 ans.
Le retour sur investissement
Une question revient systématiquement : quel est le retour sur investissement d’un audit énergétique et des actions qui en découlent ?
Coût de l’audit
Un audit énergétique des installations CVS représente un investissement de quelques milliers de francs, variable selon la taille et la complexité des installations.
Ce coût est généralement amorti dès la première année par les économies identifiées, notamment celles qui ne nécessitent pas d’investissement (optimisation de la régulation).
Retour sur investissement des actions
Optimisation régulation | 5-15% | < 1 an
Récupérateur de chaleur | 15-30% | 3-5 ans
Remplacement chaudière | 10-20% | 5-8 ans
Variateurs de fréquence | 20-40% (ventilation) | 2-4 ans
Aides et subventions
En Suisse, plusieurs programmes soutiennent financièrement les actions d’efficacité énergétique :
– Programme Bâtiments (subventions fédérales et cantonales)
– Programmes des distributeurs d’énergie
– Déductions fiscales (selon les cantons)
Ces aides peuvent réduire significativement le temps de retour sur investissement.
Comment procéder ?
Si vous pensez que vos installations CVS consomment plus que nécessaire, voici les étapes pour avancer concrètement.
1. Rassemblez vos données de consommation
Commencez par collecter vos factures d’énergie des 3 dernières années. Notez également les changements intervenus dans le bâtiment (occupation, horaires, travaux).
2. Identifiez les symptômes
Les symptômes suivants sont souvent révélateurs de gisements d’économies :
– Factures en hausse sans raison apparente
– Installations fonctionnant en permanence
– Équipements de plus de 15 ans
– Plaintes d’inconfort malgré des consommations élevées
3. Faites appel à un expert
Un audit énergétique réalisé par un professionnel permettra d’identifier précisément les gisements d’économies et de prioriser les actions selon leur rentabilité.
Conclusion
Les installations CVS recèlent souvent des gisements d’économies significatifs, de l’ordre de 20 à 40% de la consommation actuelle. Un audit énergétique permet de les identifier et de planifier leur exploitation de manière rationnelle.
Le retour sur investissement est généralement rapide, surtout pour les actions d’optimisation qui ne nécessitent pas d’investissement lourd. Et au-delà des économies financières, c’est aussi une contribution concrète à la réduction de l’empreinte environnementale de votre bâtiment.
Vous souhaitez connaître le potentiel d’économies de vos installations ? Contactez-nous pour un premier échange sans engagement.
